La sorcellerie dans le monde

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On peut affirmer que la sorcellerie a traversé les époques. En effet, on la retrouve sur tous les continents et dans tous les pays. Selon l’endroit et la période, la sorcellerie dans le monde est considérée avec différent degré d’antagonisme. 

Certains pays la considèrent hostile, surtout en Haïti, alors que d’autres la vénèrent, comme au Maroc. Cependant, la sorcellerie dans le monde est en majorité bien plus ambivalente, pesant la distinction entre la sorcellerie blanche et la noire, tout comme la notoriété du chat noir, étroitement lié aux pratiques occultes dans de nombreux pays. 

magie noire

Les sorciers haïtiens 

La sorcellerie haïtienne provient de la traite des noirs d’Afrique. On peut même supposer qu’elle naquit à cette époque. Contrairement aux autres confréries qui se réunissent pour partager leurs connaissances, le sorcier vaudou est une personne unique, d’un certain âge et vivant éloigné du village. Les sorciers haïtiens ont de forts pouvoirs surnaturels et mystiques, transmis de génération en génération. Par ailleurs, ils peuvent communiquer leur pouvoir à leurs enfants ou petits enfants. Il faut dire aussi qu’ils maîtrisent essentiellement la magie noire punitive.

La sorcellerie haïtienne, dans sa forme la plus sombre, peut causer beaucoup de dégât : tuer, rendre misérable, rendre stérile, provoquer des accidents, bloquer sur le plan spirituel ou financier des personnes. Aujourd’hui encore, les sorciers font des sacrifices (animalier) à des fins de vengeance ou pour jeter le mauvais oeil.

sorcellerie marocaine

La sorcellerie marocaine

La sorcellerie dans le monde marocain se concentre principalement sur l’adoration de la nature. C’est pour cette raison que les femmes y jouent un rôle prédominant. Il y a en effet plus de femmes sorcières marocaines que d’hommes sorciers. La plupart des sorcières au Maroc pratiquent différentes formes de magie, telles que la clairvoyance, la divination, les enchantements ou les projections astrales. Dans les régions rurales, la sorcellerie marocaine reste une pratique courante. C’est particulièrement vrai dans les plus grandes villes, où de nombreuses échoppes proposent des dizaines de variétés d’onguents et de végétaux pour les rituels.

Il faut souligner que la sorcellerie marocaine n’est ni un tabou ni un phénomène marginal. Elle rythme toujours le côté mystérieux d’une société qui veut s’affranchir d’une époque médiévale très présente dans les régions rurales, faiblement développées et encore assujetties au rôle mystique des Talebs.

L’invocation des djinns (qui désignent tout ce qui est caché) est courante dans ces régions difficiles d’accès et isolées. De plus, les Talebs ainsi que les sorciers pratiquent toujours l’exorcisme, enlèvent le mauvais œil, favorisent la fertilité des femmes, provoquent le mariage. Le plus étrange, c’est que même dans les grandes villes, les pratiques de sorcellerie marocaines, quoique dissimulées, restent de mise. Mentionnons que les jeunes filles, cultivées et urbanisées, n’hésitent pas à solliciter la « baraka » des marabouts pour trouver un emploi, pour se marier ou pour exorciser le « mauvais oeil ».

La sorcellerie en Europe

La sorcellerie dans cette partie du monde se divise en magie blanche et en magie noire.

D’une part, les rituels de magie blanche, orientés vers le bien, s’utilisent pour le désenvoûtement, la protection ou le retour amoureux. Et d’autre part, les sortilèges de magie noire servent à se venger, jeter un sort pour séparer ou rendre malchanceux.

La sorcellerie en Europe se divise donc et chacun est libre de choisir son camp. Les mages guérissent, protègent et viennent en aide à la population tandis que les sorciers maléfiques sèment le chaos, jetent des mauvais sorts et provoquent des maladies.

L’Europe condamne la sorcellerie noire, la proscrit et la juge subversive, mettant en péril l’ordre social. Pour cette raison, la chasse aux sorcières apporta une réponse globale au problème de la magie noire.

Le chat noir dans le monde de la sorcellerie

Il ne peut y avoir aucun animal aussi étroitement lié à la sorcellerie que le chat noir.

Les hommes l’ont en effet apprivoisé depuis longtemps, et l’ont donc inclus dans nombres de leurs rituels, traditions et coutumes. Créature nocturne qui rôde furtivement dans la nuit, toujours prête à sauter sur sa proie avec ses yeux vifs et brillants, le chat noir est associé aux concepts de chance, mais surtout de malchance. C’est la raison pour laquelle il est le familier préféré des sorcières.

C’est en Europe en particulier que le symbolisme est le plus fort. Au départ symbole de chance, il s’associe à des divinités anciennes et bienveillantes. Il existe en réalité des preuves qui pourraient suggérer l’existence d’un culte rendu aux félins dans les cultures mégalithes préceltiques.

Par la suite, sa représentation dans l’imaginaire collective a doucement viré vers une sorte d’incarnation du mal et de la sorcellerie, alors très mal vue dans l’Europe médiévale.

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Le chat noir dans le monde celte

Dans la tradition celtique, les chats étaient souvent vus comme des créatures liées à l’autre monde. Un bon exemple est le « Voyage de Máel Dúin ». Dans ce conte, le héros arriva sur une île magique habitée uniquement par un chat solitaire. L’île était luxueuse et au milieu se trouvait un magnifique palais rempli de trésors. Alors qu’un des compagnons du héros essaya de voler quelques piécettes du trésor, le chat se transforma en une nuée de flèches qui s’abattit sur le malheureux.

Ici, le chat nous est présenté comme un gardien dur, mais juste (il attaqua uniquement celui qui tente de le voler). L’idée selon laquelle croiser un chat noir serait un mauvais présage n’est donc pas forcément celle qui prédominait en Europe autrefois. À l’origine, les Celtes pensaient en fait qu’en posséder un était l’assurance d’avoir une vie pleine de chance.

Eh oui, parfois, les bénédictions des anciennes religions deviennent les malédictions des nouvelles, et un envoûtement bénéfique devient un terrible sortilège.  Quoi qu’il en soit, le fait est que les chats ont toujours été considérés comme des animaux aux pouvoirs psychiques particuliers. Plus particulièrement associé à des valeurs d’indépendance, de secrets, d’insaisissabilité, de clairvoyance et même de sagesse, il n’y a rien d’étonnant à ce que le chat noir soit devenu le symbole de la sorcellerie de toutes les formes de magies (magie blanche et magie rouge principalement).

Le chat noir chez les Grecs

Pour beaucoup de gens, la déesse grecque Hécate est associée aux chiens… mais peu savent qu’elle est aussi liée au chat !

Selon la légende, alors que la princesse Alcmène était enceinte d’Hercule, son serviteur Galinthias tenta de capter l’attention de la déesse Héra par quelque subterfuge (Alcmène était enceinte de Zeux, le mari d’Héra… autant vous dire que cette dernière ne le voyait pas d’un bon œil). Se rendant compte du manège, Héra fut folle de rage et transforma Galinthias en un chat noir.

De plus, elle le condamna à vivre pour toujours dans le monde souterrain où il deviendrait un serviteur de la déesse Hécate. Depuis lors, les Grecs voient cet animal comme un présage de mort, envoûtement, de sorcellerie et même des enfers. Rien de bien réjouissant.

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Un phénomène qui a su s’exporter

Hécate n’est pas la seule déesse antique associée au chat noir. En effet, ce félin était également sacré pour Freyja, une déesse de la mythologie nordique elle aussi associée à la sorcellerie et à la magie noire.

Toute personne pratiquant la magie blanche ou la magie rouge devrait connaitre le célèbre livre Aradia (ou l’évangile des sorcières). Dedans, la déesse romaine Diane occupe le rôle de reine des sorcières. Selon ce livre, elle se serait alors transformée en chat noir pour passer la nuit avec Lucifer et ainsi tomber enceinte d’Aradia.

Antoninus Liberalis écrit dans « Métamorphoses » que : « Le dieu Typhon tenta d’usurper la place de Zeus et, tant qu’il continuait d’attaquer, aucun des dieux ne pouvait lui résister. Paniqués, ils fuirent vers l’Égypte. Pendant leur fuite, certains se transformèrent en des formes animales… Artémis, elle, est devenue un chat ». Ainsi, cet auteur fait le lien entre Artémis en Bastet, deux déesses liées à la sorcellerie.

Le chat dans le monde égyptien

Par rapport aux autres panthéons de l’antiquité, celui adoré par les Égyptiens comporte une particularité : la plupart des dieux s’associent à un animal, et se représentent souvent avec leur tête. Par exemple, Horus possède une tête d’aigle, Seth a une tête de chacal et… Bastet a une tête de chat.

Pour les Égyptiens, il n’y avait sans doute pas d’animal plus sacré que le chat. Alors que la sorcellerie apprécie le chat noir pour ses capacités en envoûtement et ses utilisations lors de rituels de magie blanche, la société égyptienne l’aurait apparemment vénéré pour des raisons bien plus terre-à-terre : sa capacité à protéger les récoltes des rongeurs.

Vers le 4e millénaire avant notre ère (eh oui, ça fait longtemps), les Égyptiens vénéraient Mafdet, une déesse à tête de chat associée à la protection des maisons contre les nuisibles (rongeurs, mais aussi serpents ou scorpions).

Plus tard, Mafdet fut remplacée par Bastet, et la ville de Bubastis devint un centre religieux important dédié à cette divinité à tête de chat. Des milliers de personnes s’y rendaient d’ailleurs chaque année pour le festival de Bast, que l’historien grec Hérodote décrit comme « l’un des plus populaires de toute l’Égypte ».

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Le chat noir dans la sorcellerie actuelle

Vénéré depuis longtemps, le chat noir est aujourd’hui principalement associé à la sorcellerie. Son influence permet d’améliorer les résultats de certains types d’envoûtements. Rituel de chance ou sortilège de malchance, notre ami félin y trouve toujours sa place. En fait, ce sont principalement les films et romans de ces derniers siècles qui lui ont donné la mauvaise image dont il jouit parfois aujourd’hui. Si vous imaginez une sorcière volant sur son balai avec son fidèle animal familier… eh bien détrompez-vous : le chat n’a en réalité rien de malveillant ou de maléfique.

Beaucoup de gens pensent en outre que croiser un chat noir porte malheur, or rien n’est plus faux. Ces derniers temps, grâce aux efforts d’amoureux des chats du monde entier, cette image d’Épinal s’estompe peu à peu.

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